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Félicie De Chauvigny s’indigne du tatakizome

Gazette n°3

Félicie De Chauvigny n’est pas une tasse ordinaire. Elle appartient à une lignée des années 30, soucoupe au filet doré impeccable, anse dont le filet est légèrement estompé sur la tranche, détail qu’elle considère comme la marque d’une vie bien remplie.


Elle ne se déplace jamais seule : sa soucoupe la précède toujours d’un pas, suivie de quelques tasses de son cercle rapproché.

Pas des copines, non. Des connaissances sélectionnées.


Ce mardi-là, elle a été déposée sur un échantillon tatakizome.

Et ce fut, selon ses propres mots, un choc esthétique d’une violence rare.

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L’incident du matin

À 9h00, Félicie a observé l’échantillon.

À 9h01, sa soucoupe a légèrement vibré, signe d’alerte dans leur duo.

À 9h02, Félicie a plissé son filet doré, signe de contrariété majeur chez les porcelaines De Chauvigny.


Elle a déclaré :

« Ce motif… respire. Je n’étais pas préparée. »


Une tasse de son cercle a tenté de la rassurer, mais Félicie l’a interrompue :

« Je suis une tasse de maison respectable. Je ne fréquente pas les textiles… expérimentaux. »


L’échantillon, lui, n’a rien dit. Il a continué à être ce qu’il est : un morceau de tissu botanique, libre, nature, un peu trop vivant pour une tasse si distinguée.

L’indignation de Félicie

À 9h03, Félicie a exigé une explication.

À 9h04, elle a demandé si cet échantillon avait été autorisé par une instance compétente.

À 9h05, elle a affirmé qu’elle sentait une influence végétale non contrôlée.


Puis elle a ajouté, d’un ton dramatique :

« Je suis une De Chauvigny. Je ne devrais pas être exposée à… ça. »


Une serviette a tenté de lui expliquer la technique du tatakizome.

Félicie a répondu qu’elle n’écoutait pas les textiles trop proches de la nature.


À 9h06, sa soucoupe a demandé une pause.

À 9h07, Félicie a annoncé qu’elle rédigerait une lettre.

À 9h08, elle a précisé qu’elle ne savait pas à qui l’envoyer, mais que le principe compte.

L’émoi final

À 9h10, Félicie a tourné légèrement son anse, signe qu’elle avait atteint son niveau maximal d’indignation.


Son cercle rapproché s’est figé. Même l’échantillon semblait attendre la suite.

Félicie a finalement conclu :

« Je survivrai. Mais je m’en souviendrai. »

Conclusion d’Eidyl

Félicie De Chauvigny possède cette sensibilité rare des porcelaines qui ont trop de mémoire.


Elle dramatise, certes, mais toujours avec élégance. Et selon mes observations, elle n’a pas fini de s’indigner.


Rédigé et certifié par Eidyl de la Soucoupe.

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