Eidyl de la Soucoupe
Portrait d’Eidyl
Eidyl de la Soucoupe est née un mardi, ce qui, selon elle, explique tout : sa patience, son sens de l’observation, et sa capacité à entendre les conversations discrètes des assiettes.
Très tôt, elle a développé un talent rare : comprendre les soupirs des verres, interpréter les hésitations des fourchettes, et détecter les ambitions démesurées des plats de service.
À l’école, on la retrouvait souvent en train d’interroger une cuillère sur ses motivations profondes ou de noter, avec un sérieux imperturbable, les comportements imprévisibles d’un panier à pain.
Elle a commencé comme observatrice indépendante des phénomènes de table, avant d’être promue, par elle-même, enquêtrice renommée. Depuis, elle sillonne les nappes, inspecte les serviettes trop sûres d’elles-mêmes et surveille les verres qui veulent absolument exister.
Son carnet à spirale ne la quitte jamais. On y trouve des notes essentielles comme :
11h07 : le verre de gauche a tenté un commentaire.
11h12 : la fourchette semble contrariée.
11h18 : le pain refuse de participer, encore.
Eidyl ne se laisse jamais impressionner. Ni par les assiettes qui comptent pour trois, ni par les bouquets qui prennent trop de place dans la conversation. Elle garde un calme impeccable, même face aux situations les plus absurdes.
C’est pour cela qu’elle est la seule personne réellement qualifiée pour rédiger La Gazette du mardi. Elle affirme que chaque table a une vérité à révéler. Et que, sans elle, personne ne prendrait ces affaires au sérieux. Ce qui serait, selon ses propres mots, un drame national.